Responsabilité, Révélation, Reconnaissance et Réparation !




Responsabilité, Révélation, Reconnaissance et Réparation.


Je traverse ces différentes étapes depuis une année.

Il m'a fallu beaucoup de temps pour que j'en appréhende l'existence, que je les applique, que je les accepte et que je puisse envisager de les traverser.


Il y a des événements, des fantômes et des vestiges du passé qui se manifestent et ce, même, dans mon présent.

Ils trouvent une résurgence pour me rappeler que certains traumatismes n'ont pas trouvé d'apaisement, certains manques n'ont pas été comblés et que certaines peurs, même quand elles ont été identifiées, entravent mon actualité.

Il peut arriver que ces réminiscences se manifestent au cours de certains événements particuliers de ma vie, au cours de certaines de mes relations (amicales, professionnelles et/ou sentimentales) ou resurgissent inopinément, sans crier gare, sans que je n'arrive à y faire face.


Il y a des moments où je ressens de la colère parce que je m'interroge sur les raisons pour lesquelles ces événements ont encore autant de pouvoir sur moi.


***

Dès ma plus jeune enfance, j'ai fait face à la violence, la maltraitance, la manipulation, les agressions (sexuelles, physiques et morales) de mes parents.

Les enfants, dit-on, sont des êtres fort.e.s, résistant.e.s, adaptables et ... résilient.e.s et j'ai, malheureusement, conjugué cette réalité jusqu'à épuisement.


J'ai été une enfant qui a grandi dans un foyer dans lequel :


- je n'ai pas eu l'opportunité de m'exprimer,

- je n'ai pas expérimenté la sécurité affective, émotionnelle, morale et corporelle,

- je n'ai pas été introduite aux limites,

- je n'ai pas pu faire valoir mon individualité,

- j'ai été en charge très jeune de différentes responsabilités.


Je sais aussi que malheureusement, je ne suis pas la seule et que ces situations concernent bien trop d'individus.


Ce schéma abusif dans lequel j'ai grandi a laissé, une fois que je suis devenue adulte, des difficultés telles que :


- une incapacité à m'exprimer,

- un immobilisme et une incapacité à faire face à certains événements et/ou situations,

- des difficultés à prendre des décisions,

- me mettre en danger,

- ne pas savoir ce qu'est la sécurité.


Ces difficultés ont provoqué des troubles relationnels mais aussi des mécanismes (de défense et de survie) qui ont complexifié ma vie affective et relationnelle.


Ce schéma abusif dans lequel j'ai grandi était pourtant et ce malgré moi "ma norme".

Si bien que je n'ai jamais su ce qu'était l'amour, l'attention, la paix et la sécurité qui avaient été travestis par les personnes qui avaient ma charge (mes parents).


Mon premier modèle de "vie" était celui de ma structure familiale.

Bien qu'il ait été mauvais et dangereux c'est ma référence .. il m'a "influencée".

Quand je dis que ce modèle m'a influencée, ce n'est pas pour dire c'est ce schéma dont j'ai recours dans l'éducation que je donne à mes enfants, ou dans ma vie en général.

Mais que je le combats chaque jour pour m'en éloigner et m'en distancer le plus possible.


J'ai, au cours de mon enfance, dû endosser le rôle de "people pleaser" ("people pleaser" = manque d'affirmation de soi, difficulté à dire non, peur d'être jugé.e négativement par autrui) ou "d'enfant en charge" ou "d'enfant tampon", à qui il a été confié des charges, rôles et/ou tâches qui sont celles d'adultes visant à temporiser les tensions du foyer, occuper une position charnière et conserver une "certaine tranquillité".


Ces rôles qui m'ont été imposés ont eu pour moi de m'assurer le minimum pour éviter les crises, les drames et les excès de violences et m'assurer le minimum de "paix et de sécurité" pour continuer à (sur)vivre.


Je l'ai compris bien plus tard, mais il est assez fréquent de constater que l'enfance chez beaucoup de personnes est une des périodes durant lesquelles de nombreux abus sont commis.

Ces abus sont souvent commis par une personne de l'entourage proche (une personne qui a l'autorité, qui est en charge de l'éducation, qui a de l'influence et/ou qui est admiré.e d'un.e enfant !).


Enfant, nous n'avons pas encore acquis ce qu'est l'individualité.

On se sent appartenir à un/des groupe.s : nous grandissons tout d'abord au sein d'une famille dans laquelle nos parents et/ou les personnes qui sont en charge de nous sont pratiquement nos seule.s référent.e.s et les seul.e.s interlocuteur/trice avec le monde extérieur.

Par conséquent soit nous avons la perception d'être comme elleux et de former "un tout" et de devoir leur être loyal.e, d'en avoir peur ou dans le meilleur des cas avoir confiance.


Enfant, il se peut que nous ne grandissions pas avec la perception que notre parole peut être validée et écoutée en dehors de notre cellule familiale.

C'est pourquoi, pour ces raisons, l'enfance peut être le théâtre de nombreux abus commis par les parents et/ou les personnes qui ont la charge d'enfants.

Assuré.e.s de la loyauté, de la peur et du silence des enfants, cela permet à ces personnes de commettre des abus pour lesquels iels ne se trouvent pas inquiété.e.s.


Un enfant même s'iel ne possède pas les mots exacts pour exprimer ce qu'iel subit, sait quand iel est victime d'abus.

Ce n'est qu'à l'âge adulte ou bien en état confronté aux autres que l'on peut avoir le recul et réaliser que ce l'on a vécu et les violences auxquelles ont a pu être exposé.e.s.


C'est en étant confronté à d'autres vécus et expériences et en s'éloignant de nos structures fondatrices que nous pouvons en prendre conscience et en arriver à les dénoncer.

Comprendre qu'il y a des espaces et des structures où la parole des personnes victimes est valorisée ET écoutée.


Il a été observé par des spécialistes de santé mentale que pendant l'enfance, le cerveau intériorise et peut parfois "s'éteindre".

Certains événements peuvent être effacés, trop chargés émotionnellement (amnésie partielle ou la conséquence du syndrome post traumatique).


Pour en revenir à mon expérience personnelle, je savais enfant que je subissais des abus.

Cependant, j'étais incapable de savoir à qui je pouvais confier ce que je vivais, ainsi que mon frère et ma sœur compris.

Enfant, j'en mesurais la gravité et l'importance, mais j'étais aveuglée par la peur et la honte.

J'étais consciente de la gravité que cela représentait de révéler de tels abus.

C'était prendre la responsabilité de montrer que le foyer dans lequel j'évoluais n'était pas sécurisant, révéler l'identité réelle des personnes composant ma famille, m'exposer et exposer les autres victimes et révéler que cette structure familiale me mettait en danger et d'autres personnes que moi.


Pour autant, il m'a fallu plusieurs années avant que je me décide à dénoncer.

Je n'avais confiance en personne.

Je n'avais pas confiance en moi.

Je me disais que personne ne me croirait.

Je ne connaissais personne qui pouvait relater ce que moi-même je vivais et je pensais que mes paroles allaient être mises en doute.

Je ne pouvais pas me retourner vers un parent sécurisant.

Je ne savais pas à qui je pouvais m'adresser sans craindre que l'on ne me protège pas et que l'on ne prenne pas soin de moi par la suite.


J'ai donc attendu.


Aujourd'hui et très clairement, la manière dont j'entre relation avec les autres est en partie influencée par ce que j'ai vécu, ce à quoi j'ai été exposé.e et de ce que j'ai appris et observé des personnes qui constituait ma famille.


Dans les foyers maltraitants et/ou abusifs, il arrive que les personnes qui subissent ces situations prennent des rôles dans lesquels iels pensent :


- qu'iels doivent gagner l'amour et ainsi adopter des comportements pour y accéder,

- qu'iels dissimulent ce qu'iels sont pour mériter de l'attention, du soin, de la paix et de la sécurité.

- qu'iels cachent ce qu'iels sont car iels n'étaient ni reconnu.e.s, ni entendu.e.s, ni écouté.e.s mais négligé.e.s.


J'ai été (SUR)entrainé.e à me parer de masques.

Il a été observé que les personnes qui grandissent au sein de foyers maltraitants et avec un/des traumatismes connaissent des incidences dans leur présent.


Le traumatisme et les conséquences qu'il a eues, occupe le premier plan et conditionne les comportements et peut donc avoir un impact sur les relations (amicales, sentimentales, professionnelles et sociales).


Lorsque l'on grandit dans un foyer où régnait le chaos, il se peut que ce soit le seul modèle connu et qui est recherché par défaut.

Il peut arriver la "reproduction" étant confronté.e à des relations et/ou situations qui nous mettent dans les mêmes dispositions que nous avons connu dans le passé car cela parait familier.


Il peut arriver que les personnes qui ont vécu des traumatismes (violences, abandon, décès, accidents, attentats), fuient l'intimité quelle soit émotionnelle, sentimentale, amicale et sexuelle ; sabotent inconsciemment ou consciemment les relations qu'iels entretiennent ; créent des changements constants parce que c'est tout ce qu'iels ont connu, recréent l'état dans lequel iels étaient pendant ces périodes traumatiques.


Ce n'est pas étonnant que même inconsciemment que soit reproduit, refait, rejoué des scénarios passés de l'enfance ou les conséquences d'un traumatisme.

Les liens entretenus avec le traumatisme sont étroits et peuvent devenir un "motif" et une explication à des comportements.


Il est permis d'entretenir l'espoir que ce à quoi ces personnes ont été exposé.e.s peut se désapprendre, se défaire, se réinventer avec la guérison en se Responsabilisant, en Reconnaissant, en se Révélant et en Réparant.


Pour entamer, le processus de guérison, de reconnaissance et de réparation, il est nécessaire d'identifier les causes, la nature et sources du traumatisme, de distinguer ce qui nous maintient dans les familiarités et les traverser quand on possède les capacités et les conditions matérielles, émotionnelles et parfois économiques pour le faire.


Une des premières causes à identifier sont les distractions :


distraction : une attitude mise en place dans la perspective de nous protéger de ce que nous percevons comme vecteur de souffrance.

La distraction est utilisée pour nous protéger de quelque chose que l'on a déjà expérimenté comme :

- la détresse,

- le chaos,

- l'incertitude,

- l'insécurité,

- la honte,

- la peur,

- le doute.


La distraction sert de protection et à éloigner les émotions que l'on ne souhaite plus expérimenter et/ou connaitre.


Même s'il parait compréhensible de ne plus vouloir s'exposer à certaines émotions, avoir recours aux distractions sans y faire face, sans se questionner et être responsable peut se révéler entravant.

Elles deviennent des "excuses" et des "justifications" et ne permettent ni la guérison, ni la responsabilité et le plus important la réparation des dommages qui peuvent être causés en reproduisant des schémas douloureux et néfastes.


Entrer dans un processus de responsabilité - reconnaissance - réparation peut nous montrer que :


- que les personnes qui nous entourent ne nous trahissent pas toujours;

- que les personnes qui nous entourent ne nous font pas toujours du mal ;

- que les personnes qui nous entourent peuvent nous apporter amour, attention, paix et sécurité;

- que l'on peut avoir confiance en nous.


J'ai pour ma part eu recours aux distractions.

J'ai tellement voulu me protéger que la mise en place de comportements, de mécanismes de défense se sont révélés bien plus néfastes que bénéfiques pour moi et les personnes qui m'entourent.




RESPONSABILITÉ, RECONNAISSANCE, RÉVÉLATION ET RÉPARATION :


Certains modes de fonctionnement sont si profondément enregistrés dans notre système nerveux que même si nous avons la volonté d'en changer, cela paraît insurmontable.

D'avoir la sensation de toujours retomber dans les mêmes travers et d'ainsi d'entretenir un dialogue interne négatif à l'égard de sa propre personne.


Changer ces modes de fonctionnement (souvent) hérités de l'enfance ou des traumatismes connus au cours de son existence représente un énorme travail.

Cela demande d'avoir de la compassion pour soi-même, de s'occuper de sa santé mentale et d'écouter et avoir conscience des signaux envoyés par notre corps et notre esprit et de réaliser son mal-être.


Le travail sur soi ne peut pas se faire seul.e et il est recommandé :


- d'être accompagné.e par un.e professionnel.l.e de santé mentale et/ou de bien-être ou cours de thérapies comme la TCC (thérapie cognitivo-comportementale),

- pratiquer une activité physique pour évacuer les tensions accumulées par notre corps,

- d'évoluer dans un environnement social et personnel qui permette de s'y consacrer pleinement, comme le précise souvent Bessel Van Der Kolk l'auteur du "Le corps n'oublie rien".


Bessel Van Der Kolk conseille d'ailleurs de ne pas hésiter à essayer les thérapies alternatives comme l'hypnose, l'EMDR, l’acupuncture, le yoga...(dont je fais un petit rappel après).

Il précise également que ce qui fonctionne pour une personne peut s'avérer inefficace pour une autre, le chemin de la guérison reste personnel et ne peut être influencé par l'expérience d'autrui.



RAPPEL ET DEFINITION :


Thérapie Cognitivo-Comportementale : est une thérapie brève, validée scientifiquement qui porte sur les interactions entre pensées, émotions et comportements. Ces thérapies se concentrent sur les problèmes actuels de la personne, tout en prenant en compte leurs causes historiques. Elles aident à dépasser les symptômes invalidants et visent à renforcer les comportements adaptés.

La TCC s’appuie sur différentes techniques qui aident le.a patient.e à identifier les mécanismes à l’origine de ses difficultés, à expérimenter de nouveaux comportements et à sortir ainsi de cercles vicieux qui perpétuent et aggravent la souffrance psychique.


Hypnose : la thérapie par l’hypnose tend à rendre accessibles à la personne des ressources peu exploitées de son cerveau et à activer ses propres pouvoirs d’auto-guérison à l’aide de suggestions réalisées durant l'état modifié de conscience.


EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing qui est une thérapie sensorielle des yeux et des oreilles "qui permet de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants".

Cette thérapie a été initiée par Francine Shapiro, psychologue américaine.


Acupuncture : les deux fondamentaux de l'acupuncture est d'entretenir l’énergie vitale dans un souci de prévention et d'harmoniser le déséquilibre énergétique qui peut provenir de trois causes : systémique, émotionnelle ou environnementale.

L'acupuncture vise à comprendre les mécanismes qui sont à l'origine du déséquilibre et peut se pratiquer en soutien avec une autre méthode thérapeutique.


Yoga : le yoga est la pratique de postures et d'exercices de respiration afin d'apporter un bien-être physique et mental aux personnes qui le pratiquent.

Le yoga participe à la réduction du stress car pendant la pratique l'esprit est entièrement focalisé par les exercices et favorise le "ici et maintenant" (pleine conscience ou mindfullness en anglais).


***





L'amour commence par soi et en direction des autres.


Etre responsable, c'est reconnaître que nous ne pouvons remettre entre les mains de nos proches la responsabilité de pallier à nos propres défaillances.


Pratiquer la compassion commence par celle que nous pratiquons envers nous même.

Plus j'ai de la compassion envers moi même, plus j'en ai pour les autres., mieux je tiens compte de ce que je suis, je vis et ressens.


C'est pourquoi l'Amour commence d'abord avec soi et pour soi.


S'aimer soi-même c'est déjà être dans une relation d'amour.

Se respecter.

S'affirmer.

S'exprimer.

Ce n'est pas évident de me détacher de mes parcours et de mes modes de fonctionnement, raison pour laquelle, il est nécessaire de me mobiliser pour y parvenir.


La vie est parfois tricky, dure, testante et éprouvante et que je traverse des périodes fluctuantes qui me challengent.


Je dois apprendre à trouver des ressources dans la confiance que je me porte, dans mes principes et moins me laisser aller à la colère.

Ou bien quand elle se manifeste me questionner, me raisonner, comprendre et trouver MES solutions.

Ne pas hésiter à me parler à moi-même pour m'auto-persuader et à parler à celleux qui peuvent accueillir mes mots/maux.

Ecrire pour documenter mon évolution, regarder le chemin que je parcours et célébrer les succès car il y en a toujours.


Un des mes derniers succès et victoire personnelle est que j'ai repris le vélo après l'avoir abandonné depuis de très longues années car je me disais que j'avais peur et que monter sur un vélo était dangereux.

Depuis deux mois, je ne peux plus m'en passer au point même que je réfléchis à investir dans un vélo avec assistance électrique.


Deuxième victoire personnelle, je suis partie en voyage seule pendant 15 jours durant le mois d'août et malgré mes petites mésaventures et le soucis familial qui est venu entacher les derniers jours de mon séjour, cette expérience a été concluante et a renforcé ma confiance.


Travailler à ma confiance en moi renforce celle que je peux avoir dans les autres.

Je n'ai jamais eu confiance en mes parents ... je n'ai jamais appris à avoir confiance aux autres.

La confiance est un "muscle" que je peux sculpter avec courage et volonté.

En apprenant la confiance, je peux me mettre à la disposition d'être plus responsable de mes actions, reconnaître ce que je suis et ce que j'accomplis, me révéler et me révéler à autrui et me réparer et réparer auprès des autres.


La confiance permet d'aller plus profondément en moi et d'y puiser les forces pour surmonter les épreuves, les doutes, les peurs ...tout ce qui pollue le bonheur, l'épanouissement et l'amour.

En puisant dans la confiance et en y participant honnêtement, je peux alors espérer d'en récolter les fruits tels que la joie, l'amour, la gratitude, la compassion, la connexion et la prospérité.

En me répétant à moi-même et à l'adresse des autres : JE SUIS LA !


ET


Ne jamais garder le silence... JAMAIS PLUS car comme le disait Audre LORDE ... le silence ne nous protège pas... !


Etre soi-même c'est une révolution !

Etre soi-même c'est RÉVOLUTIONNAIRE !













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DAY BY AUDREY

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