Mes modèles sont des Femmes noires !

March 2, 2020

 

 

C'est une affirmation que je ne cesserai de me répéter et ce jusqu'à mon dernier souffle !

 

Mes modèles sont et resteront des Femmes noires !

 

L'actualité est malheureusement "riche" en faits qui ont une incidence et une résonance sur ce que je vis en qualité de Femme noire et qui impactent toutes les personnes et femmes noires.

 

Ces faits sont en réalité les témoins de la vie telle que nous la vivons et l'expérimentons pour certain.e.s !

 

 

 

 

 

 

POP CULTURE ET MILITANTISME :

 

Beaucoup de concepts militants sont venus enrichir nos vies ces dernières années : selfcare, bodypositive, intersectionnalité, inclusivité, emotional labor, charge mentale etc ...

 

On aurait pu se dire qu'avec l'introduction de ces concepts, ils auraient un impact positif sur les personnes qui vivent et traversent des oppressions et/ou inégalité et/ou injustices en raison des groupes auxquels elles appartiennent.

 

Mais au contraire, je m'aperçois que ces concepts, plus ils entrent dans la POP Culture, plus ils se dépolitisent et perdent de plus en plus leur sens originel et DE PLUS exposent les personnes concernées à :

 

- plus violences (on a relevé par exemple une montée des actes lgbtphobes plus la parole se libère et que la visibilité de la communauté LGBTQIA++ se fait plus présente);

 

- à du vol intellectuel (comme récemment l'essayiste et historienne Laurence de Cock qui a plagié l'article d'un intellectuel martiniquais Zaka Toto, mais comme personne ne le connait cela n'a pas fait grand bruit);

 

- à de l'invisibilisation : sur Instagram la dernière couverture de Télérama dont le numéro était consacré à la grossophobie a été censurée.

Je rappelle également par la même occasion que le mot "grosse" est censuré par ce même réseau social !

Il n'y pas seulement les personnes grosses qui sont censurées mais aussi les Travailleur.ses du Sexe ou tout contenu qui s'avérerait trop politique ou politisé !

 

- à plus de sexisme, à plus de racisme, à plus de mysogynoir, à plus de validisme, à plus de tone policing ... 

 

A TOUJOURS PLUS INVISIBILISER les personnes concernées en quelque sorte !

 

On a oublié que la POP CULTURE N'EST PAS DE LA POLITIQUE.

Comme son nom l'indique la POP Culture est là pour servir le narratif des dominant.e.s pour se donner bonne conscience, pour faire semblant de comprendre (comme la reprise de slogans féministes au dernier défilé de la Fashion Week pour DIOR  de février 2020) !

 

 

 

INCLUSIVITE :

 

Alors ce mot, c'est le dernier mot à la mode et que l'on peut voir partout !

 

PARTOUT !

 

L'inclusion sociale ce n'est pas, selon moi, mettre deux trois personnes sur des affiches publicitaires, ou sur les photos de campagnes Instagram ou dans des spots TV.

 

L'inclusivité sociale c'est LUTTER contre l'EXCLUSION SOCIALE c'est à dire LUTTER contre :

 

- la pauvreté,

- les discriminations raciales, sexuelles, de genre, d'orientations sexuelles, de handicap, de santé,

- les violences économiques, sociales, morales, physiques et sexuelles !

 

L'INCLUSIVITE c'est créer une vraie place dans le DÉBAT SOCIAL pour les personnes concernées par ces inégalités, les prendre en compte et faire en sorte que notre société change pour que ces personnes ne soient plus marginalisées !

 

Si pour certain.e.s l'inclusivité ne représente pas cela ... alors il ne s'agit pour moi que de stratégies marketing et de l’application de la bonne conscience !

 

Ce que je vois aujourd'hui et où je me trouve impuissante, c'est que j'ai du mal à distinguer le discours sincère de la POP Culture qui emprunte, selon moi, le narratif militant à son propre compte à des fins d'invisibiliser les personnes qui sont réellement concernées par certaines problématiques, vampiriser et étouffer les souffrances des personnes minorisées en leur promettant une couverture médiatique policée et les enjoindre de se taire !

 

Aujourd'hui, je ne considère pas qu'il y ait dans le discours médiatique actuel une réelle inclusion politique et sociale.

 

POURQUOI :

 

L'inclusivité ne vaut rien si elle ne cesse d'invisibiliser ENCORE ET TOUJOURS une partie de la population et des concerné.e.s.

 

Il me parait utile de rappeler que des Femmes noires et Femmes de chambre de l'hotel IBIS sont en grève depuis presque 8 longs mois pour la valorisation de leur salaire, un changement de statut pour ne plus être employées de prestataires (synonymes de précarité) et une amélioration de leur condition de travail (revalorisation de leur panier repas par exemple) !

 

Que leur situation économique et sociale ne font pas les gros titres des médias et leurs histoires, mêmes si elles sont évoquées, ne sont pas faites en tenant compte de l'intersectionnalité dans lesquelles ces Femmes se trouvent (noires, femmes, précaires) !

 

L'INCLUSION ce n'est pas seulement se voir sur les affiches publicitaires MAIS avant tout une amélioration des conditions de vie de TOUTES au sein de la société.

 

Quand je parle d'amélioration des conditions de vie, j'entends :

 

- plus de sécurité,

- plus d'égalité,

- plus de travail social,

- plus d'éducation et un meilleur accès à celle-ci,

- plus de prises en compte des vécus et expériences,

- plus de validation,

- plus d'adaptation de la société,

- plus d'espace pour que les concerné.e.s puissent s'exprimer !

 

Au contraire, plus la parole se libère, plus elle semble déranger et plus les dominant.e.s se battent pour sauvegarder leurs privilèges !

 

 

Qu'est qu'un privilège : 

 

PRIVILÈGE : Le privilège est un avantage, une faveur et/ou un bénéfice exclusif.

 

On distingue plusieurs types de privilèges :

 

- race;

- classe;

- orientation sexuelle;

- genre;

- être valide;

- physique;

- religieux, etc ;

 

Plus une personne a des privilèges plus socialement elle a des chances d’accéder à des avantages et des bénéfices directement liés à ses privilèges.

 

Exemple : accession à l’éducation, au logement, au travail etc.

 

La personne qui a des privilèges est donc moins sujette aux discriminations liées à son origine, son appartenance religieuse, sa situation de handicap, son orientation sexuelle ou son expression de genre.

 

Reconnaître que l’on possède des privilèges c’est reconnaître que d’autres n’en ont pas et ainsi reconnaître que chaque personne a une expérience très différente de la vie.

 

Car nous sommes chacun.e impacté.e différemment par la société.

Il n’est évidement pas nécessaire d’éprouver de la culpabilité par rapport aux privilèges que l’on a ou bien acquis, seulement tenter de travailler à une meilleure justice sociale en dénonçant les injustices dont sont plus facilement victimes les populations discriminées et être un.e allié.e.

 

L’important est de laisser une place suffisante pour les populations les plus marginalisées, les plus ciblées par les violences policières, les discriminations à l’embauche et au logement et des conditions de vie comparables aux personnes valides pour les personnes en situation de handicap, une meilleure accession aux informations, à la santé, à la justice pour les personnes les plus défavorisées...

 

Laisser la place et ouvrir un dialogue avec celles et ceux qui ont moins de privilèges.

 

On en revient toujours au même source : CAPITALISME - PATRIARCAT - DOMINATION !

 

Et c'est fâcheux parce que socialement ces dynamiques appliquent des VIOLENCES tant économiques, sociales, excluantes et produit des injonctions pour les personnes qui les subissent.

 

 

 

MES MODELES SONT DES FEMMES NOIRES :

 

Mes modèles sont des Femmes noires car elles sont pour moi une source d'inspiration dans leur résilience, dans la production et leur participation dans les domaines de l'art, la science, la politique, le militantisme, la poésie...

 

Mes modèles s'appellent Audre LORDE, Bell HOOKS, Maya ANGELOU, Tracy CHAPMAN, Roxane GAY, Katherine JOHNSON, Olivia CAMPBELL, Robyn FENTY, Angela DAVIS, Sojourner TRUTH, Harriet TUBMAN, Bessie SMITH, Nina SIMONE, Billie HOLIDAY, Gerty ARCHIMDEDE, Gerty DAMBURY, Paulette et Jeanne NARDAL, Awa THIAM, Jocelyne BEROARD, Maryse CONDE, Maboula SOUMAHORO ...

 

Que depuis des siècles et des siècles les Femmes noires n'ont de cesse de se soulever contre les violences, les injustices, les inégalités qu'elles subissent !

 

Qu'en 2020 qu'elles soient encore obligées de CRIER et REVENDIQUER leur existence aux yeux de tout.e.s c'est injuste et injustifié.

 

Que c'est combat inégal qui ne nous laisse pas sans traumatismes et que nous pouvons constater que nous ne sommes finalement soutenues que par nous-mêmes !

 

Je l'ai dit et je le répète :

 

Nous ne sommes pas des concepts !

Nous ne sommes pas des token !

Nous ne sommes pas des représentant.e.s de la bonne conscience !

Nous ne sommes pas les corps sur lesquels les fantasmes négrophiles peuvent se réaliser !

Nous ne sommes pas la chair à canon pour alimenter les théories négrophobes !

 

Malcom X disait que les Femmes noires étaient les individus les bien moins considérées, les bien moins protégées, les plus négligées aux Etats-Unis ... il semblerait que ce soit également le cas en France en 2020 !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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